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Le cerveau des arbres

LOIN D’ÊTRE LES ORGANISMES FIGÉS DANS UNE CROISSANCE À LA LENTEUR « MINÉRALE » QUE NOUS IMAGINIONS IL Y A QUELQUES DÉCENNIES ENCORE, LES ARBRES ET LES VÉGÉTAUX EN GÉNÉRAL, À LA LUMIÈRE DES DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES SUCCESSIVES, NOUS SURPRENNENT PAR LEUR « INTELLIGENCE DE VIE » ET LEUR CAPACITÉ INCROYABLE DE RÉACTION, D’ADAPTATION AUX AGRESSIONS MULTIPLES AINSI QU’AUX CHANGEMENTS DE LA NATURE ENVIRONNANTE.

En préambule, il faut déjà considérer l’immense présence du règne végétal sur notre planète. Sur la biomasse de la totalité du « vivant » à la surface de la terre et au fond des mers (estimée à environ 2 billions de tonnes), l’ensemble des végétaux représente plus de… 99 % !! L’intelligence des plantes, qui avait déjà été pressentie par le célèbre Charles Darwin à la fin du dix-neuvième siècle, nous apparaît aujourd’hui, au gré des découvertes scientifiques récentes et du fruit de nos observations. Au-delà de leur capacité d’adaptation qui consiste à changer d’attitude face aux situations inédites (agressions diverses d’origine animale ou atmosphérique) en modifiant leur métabolisme, c’est surtout leur étonnante capacité à la communication et au partage entre individus distincts qui est à proprement parler sidérante. Il n’est pas exagéré de dire qu’une forêt est un lieu de dialogues, d’échange et d’entraide dont beaucoup d’entre nous seraient bienheureux de s’inspirer.

La communication entre les arbres, les végétaux, se matérialise sur deux plans : le souterrain et l’aérien.

À ce titre, le sous-sol d’une forêt pourrait être comparé à notre réseau internet (certains scientifiques le qualifient de « Wood Wide Web », c’est-à-dire la toile en bois), il agit en quelque sorte comme un cerveau commun à l’ensemble de la forêt. Un enchevêtrement ultra complexe, composé de racines, d’hypes de champignons, mychorhizes (champignons microscopiques), le tout formant un véritable réseau de communication entre les différents végétaux, arbres qui communiquent des informations et peuvent même faire transiter des matières nutritives pour soutenir tel ou tel « individu » qui en aurait besoin. Dans le sous-bois, à l’ombre des grands arbres, le jeune chêne peut, par exemple, recevoir via ce réseau inextricable des nutriments (sucre, azote, eau, inaccessibles pour lui) de la part de « l’arbre mère » qui le surplombe en profitant du soleil et plonge au plus profond avec ses racines gigantesques. Le petit arbre ainsi soutenu pourra profiter des nutriments nécessaires à sa croissance en palliant ses handicaps à la photosynthèse.

 

Cet article est un extrait paru dans le numéro 6 de Curiouz.
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